Abolition de la valeur locative : dix conséquences probables sur les marchés de la construction et de l’immobilier
Publiée: 01 octobre 2025Dernière mise à jour : 16 octobre 2025
Avec la décision populaire du 28 septembre 2025 en faveur d’une nouvelle base constitutionnelle pour les impôts fonciers cantonaux sur les résidences secondaires occupées principalement par leur propriétaire, le changement de système d’imposition de la propriété du logement est décidé : l’imposition de la valeur locative est supprimée ; en contrepartie, les déductions des frais d’entretien et des intérêts passifs sont fortement limitées. Les modalités précises seront définies par une loi fédérale et des mises en œuvre cantonales, y compris d’éventuelles taxes sur les résidences secondaires. Vous trouverez ici des informations détaillées telles que le texte de la votation et les résultats des votes régionaux.
Voici dix conséquences probables pour le marché suisse de la construction et de l’immobilier:
1. Allègement de l’impôt sur le revenu et légère stimulation de la demande
Sans valeur locative fictive, et dans un contexte de taux d’intérêt modérés, les coûts courants de logement diminuent pour de nombreux ménages propriétaires. La disposition à payer pour un logement en propriété occupé par son propriétaire tend donc à augmenter. L’effet haussier sur les prix devrait rester limité, probablement dans une fourchette de quelques pourcents seulement, sans pouvoir être quantifié avec précision. Son ampleur variera selon les régions et les segments de marché, et pourra être compensée ou amplifiée par d’autres facteurs plus influents, tels que le niveau des taux d’intérêt, l’activité de construction neuve, les coûts de construction, l’évolution de l’emploi et de la population, ainsi que les règles de financement et autres régulations du marché.
2. Essor des rénovations jusqu’à l’entrée en vigueur
D’ici l’entrée en vigueur des nouvelles règles, on peut s’attendre à ce que les travaux de rénovation et d’entretien qui doivent de toute façon être effectués prochainement soient sensiblement avancés afin de profiter pour la dernière fois des possibilités de déductions encore en vigueur aujourd’hui. Cela soutiendra les commandes dans le secteur de la construction jusqu’à l’entrée en vigueur. Cette dynamique de type « use it or lose it » entraînera surtout, dans les mois précédant la date butoir, une forte demande et une utilisation maximale des capacités (concentration des délais, temps d’attente parfois plus longs et pression sur les prix).
En moyenne, au cours des cinq dernières années, plus de 2,4 milliards de francs ont été dépensés chaque année pour la rénovation de maisons individuelles. Les rénovations d’immeubles collectifs ont entraîné environ 5,2 milliards de francs d’investissements. Il faut s’attendre à une augmentation sensible à court terme, en particulier pour les maisons individuelles.
3. Marché de la construction à moyen terme : recul des travaux d’entretien préservant la valeur
Avec l’entrée en vigueur de la réforme – et la quasi-disparition des déductions fiscales pour les travaux d’entretien et de rénovation énergétique des biens occupés par leur propriétaire – les incitations à la rénovation diminuent. Les aménagements intérieurs tels que la cuisine, la salle de bain et les surfaces sont particulièrement touchés. En conséquence, on peut s’attendre à une baisse du volume des rénovations à moyen terme.
En même temps, il faut tenir compte du fait que les rénovations énergétiques peuvent être économiquement intéressantes même sans les déductions fiscales actuelles – en particulier dans le cas d’un simple remplacement de chauffage (voir l’étude : Les rénovations énergétiques dans le parc immobilier résidentiel et leur impact économique – en allemand uniquement). En outre, des programmes d’encouragement et des déductions fiscales cantonales peuvent continuer à être disponibles pour soutenir ces investissements.
4.L’« état » du bien gagne en importance dans la valeur de marché
Avec la diminution des incitations à l’entretien, les valeurs de marché tendront à se différencier davantage en fonction de l’état de construction et du standard de durabilité : les objets modernes et énergétiquement efficaces seront relativement favorisés, tandis que les biens nécessitant des rénovations subiront des décotes plus importantes.
5. Davantage de constructions de remplacement lors des changements de propriétaires
Après l’achat d’un bien immobilier, la tendance à construire des bâtiments de remplacement plutôt que de procéder à des rénovations complètes devrait augmenter. Cela s’explique par la baisse de l’attractivité fiscale des rénovations, la tendance à la baisse de l’état moyen des bâtiments et l’écart de valeur croissant entre les bâtiments anciens et les bâtiments neufs.
6. Davantage d’incitations à rester propriétaire
Pour les retraitées et retraités ayant des hypothèques largement amorties, les coûts nets d’utilisation diminuent ; l’incitation à rester dans leur logement en propriété s’accroît. Les raisons financières comme motif de déménagement dans des logements plus petits sont toutefois à relativiser : compte tenu de la pénurie de l’offre, un déménagement ne permet actuellement que rarement (voire jamais) de réduire les coûts du logement.
7. Diminution globale de l’endettement des ménages
Avec la suppression de la logique de déduction des intérêts, l’incitation fiscale à un fort recours à l’endettement diminue. En moyenne, on peut donc s’attendre à un niveau d’hypothèque légèrement plus bas. La hausse des valeurs de marché atténue toutefois l’effet de modération sur le volume hypothécaire agrégé (financements initiaux et refinancements ultérieurs).
8. Conception ouverte des impôts sur les résidences secondaires avec des effets différenciés sur les valeurs de marché
Les cantons ont la compétence d’introduire un impôt foncier spécial sur les résidences secondaires occupées principalement par leur propriétaire. Selon le niveau et la conception de cet impôt, les valeurs de marché régionales seront affectées de manière variable – en particulier dans les cantons touristiques et de montagne.
9. La transition, le calendrier et la sécurité juridique sont déterminants
L’impact sur les ménages et les marchés dépend de la mise en œuvre (périodes de transition, règles détaillées sur les déductions, solutions cantonales). Jusqu’à l’entrée en vigueur, les règles actuelles restent valables ; la Confédération fixe le calendrier. Dans ce contexte, la sécurité juridique et une communication claire soutiennent la planification et les investissements.
10. Impact différencié selon les ménages
La réforme a des répercussions importantes sur la charge fiscale individuelle. Pour la majorité des ménages, les effets restent toutefois limités, tant que la valeur locative fictive antérieure correspond à peu près aux intérêts hypothécaires additionnés de la déduction forfaitaire pour entretien. Des changements plus marqués concernent certains ménages spécifiques : par exemple, lorsqu’une rénovation complète est prévue dans les prochaines années (suppression des déductions), ou lorsque la valeur locative imposée était élevée alors que l’hypothèque est déjà largement amortie. Pour plus de détails sur les effets sur les ménages, voir l’article de blog «La valeur locative sur la sellette».
Ces dix effets illustrent la portée du changement de paradigme adopté dans la fiscalité du logement en propriété. Ils montrent toutefois également, à travers les nuances apportées, que les mécanismes fondamentaux du marché suisse du logement occupé par son propriétaire ne se transformeront pas de manière significative.
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