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Naviguer dans la finance durable : Facteurs clés pour l’industrie immobi­lière

Publiée: 11 décembre 2023Dernière mise à jour : 06 janvier 2026

Le reporting non financier, ainsi que les obliga­tions de publi­cation et de trans­pa­rence deviennent de plus en plus impor­tants en Europe et en Suisse. L’ESG (environ­nement, social et gouver­nance) et la finance durable sont des sujets parti­cu­liè­rement répandus en ce moment. Mais que signi­fient exactement ces termes ? Et quelle est leur impor­tance dans le contexte de l’immo­bilier et de ses inves­tis­se­ments ?

Cet article donne un aperçu de ces sujets ainsi que de leurs principaux moteurs.

La durabilité et ses moteurs

ESG : la durabilité en trois dimensions

Le concept ESG comprend trois domaines : environ­ne­mental, social et de gouver­nance, qui sont repré­sentés par un grand nombre d’indi­ca­teurs diffé­rents. Ces critères sont généra­lement utilisés pour évaluer l’impact d’une entre­prise sur l’envi­ron­nement au-delà de ses perfor­mances finan­cières. Les mesures ESG comprennent des sujets tels que la consom­mation de ressources, la diversité sur le lieu de travail et la gouver­nance d’entre­prise. La prise en compte des facteurs ESG permet aux entre­prises de prendre des décisions plus éclairées, de réduire les risques et de renforcer leur réputation.


Dans le secteur de l’immo­bilier, les émissions de CO2 d’un bâtiment et l’uti­li­sation d’énergies renou­ve­lables pour chauffer un bien sont des exemples d’indi­ca­teurs. Les aspects sociaux tels que l’emplacement du site, l’acces­si­bilité ou le bien-être des utili­sa­teurs peuvent également être ajoutés en tant qu’in­di­ca­teurs clés de perfor­mance (Key Perfor­mance Indicators), ESG afin de rendre ces aspects quanti­fiables et traçables dans le cadre d’un rating ESG. Ces trois domaines ne peuvent pas toujours être séparés nettement les uns des autres. Il peut donc y avoir des recou­pe­ments. La question parfois complexe de l’attri­bution exacte des diffé­rents indica­teurs ESG peut également donner lieu à des discus­sions entre les acteurs du secteur lorsqu’il s’agit de hiérar­chiser ou de pondérer les diffé­rents indica­teurs ou l’effet qu’ils  (doivent) produire. En d’autres termes, quelle dimension doit être privi­légiée – E ou S, S avant G ? Par exemple, de nombreux inves­tis­seurs insti­tu­tionnels adoptent souvent une approche durable lorsqu’ils choisissent leurs inves­tis­se­ments immobi­liers, tout en tenant compte de la renta­bilité / du rendement.

ESG : la durabilité en trois dimensions
Finance durable : Finan­cement durable

La finance durable (FD) est un terme générique désignant diverses formes de services finan­ciers qui intègrent des critères ESG dans les décisions commer­ciales ou d’inves­tis­sement, qui doivent être étroi­tement liées à la durabilité. En principe, il s’agit de prendre en compte l’impact à long terme sur l’envi­ron­nement, la société et les aspects écono­miques lors de la prise de décisions finan­cières et d’inves­tis­sement. Cela s’applique également au secteur immobilier et peut concerner des inves­tis­se­ments dans des fonds immobi­liers durables, des bâtiments écolo­giques ou le choix de matériaux de construction à faibles émissions. À cet égard, des sujets tels que l’éco­nomie circu­laire et la gestion durable de la chaîne d’appro­vi­sion­nement sont parti­cu­liè­rement impor­tants à prendre en consi­dé­ration.

L’inves­tis­sement durable n’affecte pas seulement le marché financier lui-même, mais aussi une variété de secteurs immobi­liers tels que l’inves­tis­sement, la gestion de porte­feuille et d’actifs, le dévelop­pement immobilier, les prêts ou projets liés à la durabilité, ainsi que les prêts durables, verts et/ou bleus. Les acteurs impliqués dans la FD comprennent un large éventail d’inves­tis­seurs insti­tu­tionnels, tels que les banques, les compa­gnies d’assu­rance, les sociétés par actions et les fonds de pension, ainsi que des gestion­naires immobi­liers, des consul­tants et des avocats.

Les moteurs

Stratégie : La durabilité devient un aspect de plus en plus straté­gique – et donc un critère de compé­ti­tivité pour les inves­tis­seurs et les parties prenantes.

Standar­di­sation : La standar­di­sation et la mesure ESG sont néces­saires pour mettre en œuvre les objectifs et modifier les porte­feuilles actuels.

Perfor­mance : La demande crois­sante du marché pour une amélio­ration de la perfor­mance et de l’impact ESG pour les propriétés indivi­duelles et les porte­feuilles immobi­liers.

Trans­pa­rence : L’enga­gement et la trans­pa­rence en matière de dévelop­pement durable peuvent améliorer la réputation et la valeur de la marque d’une entre­prise.

Reporting : La publi­cation et le reporting ESG deviennent de plus en plus obliga­toires, en parti­culier en ce qui concerne l’amé­lio­ration de la gestion des risques ESG.

En principe, les moteurs d’une mise en œuvre concrète de la finance durable peuvent être répartis en trois catégories :

Les motiva­tions intrin­sèques peuvent inclure la motivation à rendre son porte­feuille immobilier ou son entre­prise durable(s) et à contribuer ainsi à un environ­nement écolo­gique et écono­mique durable.

Parmi les motiva­tions extrin­sèques, on compte en premier lieu la régle­men­tation contrai­gnante qui impose des exigences toujours plus élevées en matière de durabilité. La taxonomie de l’UE, la Sustai­nable Finance Disclosure Regulation (SFDR) ou le contre-projet indirect à l’ini­tiative sur la respon­sa­bilité des multi­na­tio­nales (IRC) en sont des exemples.

Une combi­naison de facteurs extrin­sèques et intrin­sèques peut être, par exemple, la demande d’un fournisseur ou d’un presta­taire de services de parti­ciper à un cadre ou à une initiative de durabilité volon­taire comme l’UNPRI, le Carbon Disclosure Project (CDP) ou la Task Force on Climate-Related Financial Disclo­sures (TCFD). Nombre de ces initia­tives (encore) volon­taires ont toutefois tendance à devenir obliga­toires d’une manière ou d’une autre à l’avenir. Il est donc judicieux pour les entre­prises de se pencher sur ces thèmes de manière straté­gique et proactive à un stade précoce.

Dans l’ensemble, on observe sur le marché financier et immobilier une tendance claire à l’aug­men­tation des exigences en matière de durabilité de la part des régula­teurs, des inves­tis­seurs et de la société. 

Ces exigences sont les suivantes:

  • Obliga­tions de publi­cation des pratiques d´entreprises et d´investissements
  • émissions des bâtiments (mot-clé : risque d’actifs immobi­lisés)
  • Respon­sa­bilité sociale des entre­prises (RSE)
  • Thèmes straté­giques tels que les objectifs clima­tiques et les trajec­toires de réduction des émissions de CO2 au niveau de l’entre­prise, du porte­feuille et des actifs
  • Exigences en matière de gestion des ressources (économie circu­laire, biodi­versité, etc.)

Conclusion : pourquoi l’ESG et la finance durable ?

Les facteurs et les régle­men­ta­tions ESG prennent de plus en plus d’impor­tance dans l’industrie finan­cière et le secteur immobilier. Cela s’applique également (progres­si­vement) au parc immobilier suisse.

Les critères et les moteurs ESG ainsi que les régle­men­ta­tions européennes telles que la taxonomie européenne, la SFDR et la CSRD sont des fonde­ments essen­tiels pour la finance durable de demain.

Les cadres ESG tels que la TCFD et le CDP offrent aux entre­prises des direc­tives claires sur la conception, la gestion et la publi­cation des risques et oppor­tu­nités clima­tiques, ainsi que sur d’autres domaines théma­tiques ESG.

Une réflexion précoce et proactive : élabo­ration ciblée de stratégies, mise en œuvre et contrôle de mesures/indicateurs clés de perfor­mance pour permettre un succès à long terme.

Dans un monde de plus en plus marqué par les effets du changement clima­tique et les défis sociaux, l’ESG et la finance durable prennent de plus en plus d’impor­tance en Europe et en Suisse. L’intro­duction d’exi­gences en matière de reporting non financier, de publi­cation et de trans­pa­rence vise à rendre l’éco­nomie plus durable et à encou­rager les inves­tis­se­ments dans des projets respec­tueux de l’envi­ron­nement (tels que l’immo­bilier durable).

Le vaste sujet de l’ESG et de la FD recèle une multitude de défini­tions, de cadres, de régle­men­ta­tions et de lignes direc­trices, mais aussi d’oppor­tu­nités à mettre en œuvre. Les inves­tis­se­ments immobi­liers ainsi que le dévelop­pement et la gestion des biens immobi­liers doivent prendre en compte de plus en plus de facteurs environ­ne­mentaux, sociaux et de gouver­nance pour être consi­dérés comme «durables».

La Suisse, qui fait partie de l’Europe, a jusqu’à présent poursuivi son propre agenda en matière de promotion des pratiques durables. Bien que la régle­men­tation soit encore relati­vement ouverte en Suisse, certaines règles, telles que l’ordon­nance sur le reporting clima­tique obliga­toire et l’auto­ré­gu­lation de l’AMAS, ont déjà pris la voie vers plus de trans­pa­rence et de durabilité.

Dans l’ensemble, il est clair que l’ESG et la finance durable sont des forces trans­for­ma­trices en Europe et en Suisse, qui ont un impact consi­dé­rable sur les secteurs financier et immobilier. La publi­cation d’infor­ma­tions sur la durabilité motivera non seulement les entre­prises à gérer leurs activités de manière plus respon­sable, mais permettra également aux inves­tis­seurs de prendre des décisions éclairées et de contribuer activement à un avenir plus durable.

Perspectives d’avenir : Dévelop­pe­ments régle­men­taires

Le paysage régle­men­taire dans le domaine de l’ESG et de la finance durable est très dynamique et évolue conti­nuel­lement, notamment avec des obliga­tions de trans­pa­rence et de publi­cation plus strictes imposées aux entre­prises et aux insti­tu­tions finan­cières, ainsi qu’à leurs produits. Il s’agit notamment de la taxonomie de l’UE, du Sustai­nable Finance Disclosure Regulation (SFDR) et de la Corporate Sustai­na­bility Reporting Directive (CSRD). En Suisse aussi, les premiers pas vers plus de trans­pa­rence et de durabilité ont déjà été faits, et il faut s’attendre à ce que d’autres régle­men­ta­tions suivent. Les entre­prises devraient donc se préparer à temps à ces change­ments et se pencher activement sur les nouvelles régle­men­ta­tions.

Comment pouvons-nous aider ?

Grâce à notre vaste expertise en matière de durabilité et d’ESG, nous sommes à vos côtés dans le domaine de la durabilité. Nous agissons en tant que conseillers straté­giques, calculons des bilans CO2 et établissons des évalua­tions ESG fondées pour vos biens immobi­liers afin d’accom­pagner la mise en œuvre de vos objectifs de durabilité. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les vastes connais­sances et la longue expérience de nos experts en durabilité. Nous nous fondons en outre sur de nombreuses données, sur nos outils internes de durabilité, tels que le calcu­lateur des émissions et des inves­tis­se­ments et sur notre ESG-Rating. Notre approche comprend le partage de connais­sances spécia­lisées, que ce soit par le biais de notre Wüest Academy, de séries d’évé­ne­ments publics ou de consul­ta­tions indivi­duelles.

Si vous avez des questions ou des sugges­tions sur les sujets mentionnés dans cet article, n’hésitez pas à nous contacter.

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