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Zoom sur le taux de logements vacants : des centres moins attractifs?

Publiée: 22 février 2021Dernière mise à jour : 22 avril 2025

La construction d’immeubles multi­fa­mi­liaux continue à bénéficier d’importants moyens finan­ciers en raison d’un intérêt marqué des inves­tis­seurs, toujours attirés par des taux d’intérêt histo­ri­quement bas. Conjuguée à un ralen­tis­sement de la crois­sance démogra­phique, l’arrivée sur le marché de nouveaux logements n’est pas sans consé­quences sur le taux de logements vacants qui a poursuivi sa hausse l’an dernier pour atteindre  1.72% en juin 2020, contre 1.47% en 2017.

Taux de logements vacants par type de commune

La dynamique de cet indicateur montre néanmoins des dispa­rités spatiales consi­dé­rables sur le terri­toire suisse, avec en général des taux plus impor­tants dans les espaces périphé­riques. Toutefois, ce gradient centre-périphérie, nettement visible en 2017, a eu tendance à s’atténuer au cours du temps (cf. figure ci-dessous).

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Source données: OFS.

Vous trouverez ici la classi­fi­cation des types de commune.

Ainsi, au cours des 3 dernières années, on observe que le taux des vacants a parti­cu­liè­rement augmenté dans les communes les plus centrales (ville-centre: +39.6% ; centre principal: +26.8%), alors qu’il a plutôt stagné dans les communes périphé­riques (centres hors agglo­mé­ration: +0.7%, communes rurales: +4.1%). Cette hausse du taux des vacants dans les espaces urbains centraux peut s’expliquer par une hausse de l’offre (politique de densi­fi­cation, construction d’immeubles de rendement), mais aussi par un ralen­tis­sement de la demande du à un solde migra­toire en baisse. Cette dynamique devrait au moins se poursuivre en 2021 dans un contexte encore marqué par la crise de la Covid-19 et l’augmentation observée de la demande de ménages urbains pour des logements à la campagne. A plus long terme, on pourrait même imaginer une tension du marché aussi voire plus élevée dans les espaces périphé­riques que dans les centres-villes en raison de la démocra­ti­sation du télétravail et de la raréfaction des terrains à bâtir en dehors des grandes agglo­mé­ra­tions.

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La dynamique générale observée à l’échelle suisse n’est cependant pas trans­po­sable à toutes les agglo­mé­ra­tions. Si l’on s’intéresse aux 5 plus grandes agglo­mé­ra­tions du pays (cf. graphique ci-dessous), on observe toujours des écarts impor­tants entre les communes centres de Zurich, Berne et Lausanne compa­ra­ti­vement à leurs espaces périphé­riques respectifs. Ces centres demeurent ainsi très attractifs par rapport à leur périphérie directe. Dans le cas de Genève, on remarque en revanche une inversion spatiale avec un taux des vacants en ville de Genève (commune centre) qui est supérieur au taux observé sur la première couronne (centres principaux). Ce léger désamour pour l’hyper-centre peut s’expliquer par un environ­nement moins vert et plus conges­tionné que dans la première couronne (Chêne-Bougeries, Lancy, Grand-Saconnex etc.).

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Malgré une hausse générale des vacants dans les communes centres et leur première couronne (centre principaux), il faut relever néanmoins que les espaces urbains de qualité, à proximité «marchable» des emplois, demeurent très attractifs. Mais les infra­struc­tures et services offerts par la ville ne suffisent plus à donner l’envie d’y habiter. Il est donc indis­pen­sable de développer des densi­fi­ca­tions de haute qualité qui intègrent les aspira­tions des futurs habitants : des espaces verts, des aména­ge­ments convi­viaux (fitness urbain, places de jeux), des logements lumineux, des balcons et terrasses. Ces qualités viendront ainsi renforcer l’attractivité des centres.


Plus d’informations

Les chiffres des postes vacants sont publiés une fois par an par l’Office fédéral de la statis­tique (OFS).

Vous pouvez également trouver plus d’informations sur le thème des postes vacants dans le billet de blog suivant : Dispa­rités terri­to­riales du taux de logements vacants